On se retrouve pour la chronique d'une nouvelle série manga : Sukedachi 09. Le mangaka derrière cette série n'est autre que Seishi Kishimoto, l'auteur de Satan 666, Blazer Drive et Crimson Wolf, et accessoirement le frère jumeau de Masashi Kishimoto.
Seishi Kishimoto avait piqué ma curiosité avec sa première œuvre Satan 666, shonen sympathique avec autant de bonnes idées que de défauts mais surtout avec une très bonne mise en scène et un trait précis et détaillé. Blazer Drive m'avait moins convaincu, se perdant dans une scénario bourré de clichés et très mal exploité. Quant à Crimson Wolf, j'avoue que je ne l'ai pas encore lu. Je dois reconnaitre que malgré sa notoriété en dessous de son frère, j'ai toujours trouvé que Seishi avait plus de talent que Masashi dans le trait et le découpage, tout du moins à leur début.
Pour sa quatrième série, le mangaka exploite un thème beaucoup plus sombre et mature : la mort et la vengeance. Sacré risque pour cet auteur qui jusque là s'était cantonné à des shonens d'aventure. Mais assez parlé, il est temps de découvrir ce nouveau manga de Seishi Kishimoto. Véritables incarnations de la loi du Talion dans le Japon féodal, les « Sukedachi », des guerriers d’élites, ont disparu après des siècles de présence… mais les voici de retour au sein d’une organisation gouvernementale pour appliquer leur justice : impitoyable, irrémédiable et définitive ! Bras vengeurs, assassins, mercenaires, anges exterminateurs ou démons… qui sont ces guerriers aux multiples noms ? Face à une société moderne qui semble trop laxiste vis-à-vis de la criminalité, les Sukedachi reviennent pour rétablir une justice radicale qui a fait ses preuves. Mais où s’arrête la justice et où commence la vengeance ? Seishi Kishimoto s'attaque donc à un thème assez délicat : la peine de mort. Un criminel doit-il continuer de vivre, quitte purger sa peine et reprendre une vie normale et laisser les familles des victimes dans l'incompréhension et la haine de ne pas avoir venger leur proche ou doit-il être exécuté en ressentant la même douleur que sa victime.
On va suivre l'équipe des Sukedachi à travers les yeux de Yuji Yamagishi, âgé de seulement 24 ans. Il possède toutes les compétences pour endosser ce rôle difficile : il a été victime d'un crime atroce lui ayant laissé des séquelles, lui permettant d'avoir à la fois une haine profonde envers les coupables et une réelle empathie envers les familles de victimes. On va donc suivre son quotidien, cachant sa profession à ses proches, pour les protéger, mais aussi pour se protéger lui-même, cette loi ne faisant pas l’unanimité auprès de la population… On découvre donc les membres qui forment les fameux Sukedachi petit à petit. Et je dois dire que le mangaka à réussi à créer des personnages très intéressants, que ce soit au niveau de leur look, de leur personnalité et de leur passé tragique. On s'attache rapidement à cette petite équipe, quand bien même leur métier n'est pas le plus facile du monde. Le mangaka n'oublie pas de proposer un contre pouvoir à cette justice, que se soit par l'amie de Yuji en tant que journaliste ou par des opposants politiques. Le seul bémol vient du fait que le propos reste peu exploité, notamment par le fait que le tout reste très manichéen. Tout cela donne donc l'occasion au lecteur de se poser des questions, de réfléchir voire de se positionner lors des différents jugements et sentences prononcés. Là dessus, le mangaka réussi son pari et on ne peut que le saluer (il ne faut pas oublier que le manga est un support qui peut aussi servir à faire passer des messages ou pousser à la réflexion). Le mangaka réussi à raconter une histoire accrocheuse et passionnante, qui monte crescendo, en seulement 5 volumes.
Après un début de manga composé de petites histoires qui permettent d'installer les bases du manga, Seishi Kishimoto monte en puissance et nous propose un tome final convaincant, prenant et très bien ficelé. Il est juste dommage que des personnages soient laissé un peu à l'abandon et peu développé. Peut être que le mangaka n'a pas pu aller au bout de ses idées, la faute à un manque de succès de la série ( ce que je soupçonne grandement). Concernant le découpage et le trait, le mangaka a encore gagné en précision et certains angles de vue sont magnifiques. Un régal !
Au final, Seishi Kishimoto sort de sa zone de confort et réussi son pari en nous proposant un manga original et travaillé, avec des personnages attachants et dont la lecture pousse à la réflexion. Et comme l'auteur l'indique dans sa note de début de volume, si chaque lecteur à ressenti une émotion lors de la lecture, alors il a réussi sa mission. Pour ma part, c'est le cas, donc bravo Kishimoto Sensei.
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à réagir.