Une plume et des pages
Petites chroniques sans prétention d'un passionné de lecture qui veut faire découvrir ses coups de coeur



My Hero Academia


Manga

Par maxime le 12 juin 2025


Au premier abord, My Hero Academia s’impose comme un shōnen prometteur. L’univers super-héroïque moderne, teinté de codes classiques du manga japonais, attire rapidement le regard, porté par un dessin dynamique et précis. Le trait de Horikoshi donne vie à des scènes d’action saisissantes, où certaines doubles pages laissent une impression durable tant elles transpirent l’intensité et la mise en scène soignée.

Le début du manga séduit par son énergie et la fraîcheur de son concept : un monde où 80 % de la population possède un super pouvoir (ou "Alter"). Suivre l’évolution de Midoriya, jeune garçon sans pouvoirs rêvant de devenir un héros, semblait être une promesse de récit initiatique poignant. Malheureusement, cette promesse peine à tenir sur la durée.

Rapidement, le manga souffre d’une narration trop éclatée. L’introduction incessante de nouveaux personnages — dont beaucoup sont rapidement relégués au second plan — alourdit l’intrigue et dilue l’intérêt. L’auteur peine à donner de la profondeur à ses figures secondaires, qui auraient pourtant pu enrichir considérablement l’univers. On se retrouve avec une galerie de personnages sous-exploités, à peine esquissés, dans un monde qui manque de respiration.

Les super-pouvoirs, censés être au cœur du récit, manquent d’originalité ou de pertinence. Certains semblent conçus plus pour surprendre que pour réellement nourrir le propos ou le développement des personnages. Les arcs d'entraînement — pourtant fréquents — sont souvent fades et peinent à faire avancer l'histoire de manière significative. Le rythme s’essouffle, avec trop de chapitres qui semblent ne servir que de remplissage.

Le manque de mystères véritablement captivants ou bien exploités rend la lecture prévisible. Au fil des 42 tomes, on peine à percevoir une montée en puissance scénaristique. Le fil rouge, bien qu’existant, est trop timidement développé. Le nombre d’antagonistes marquants reste étonnamment faible, et ceux présents manquent souvent de nuance ou de charisme durable.

En conclusion, My Hero Academia est un manga qui avait toutes les cartes en main pour devenir un classique moderne du shōnen. Son esthétique, son univers et son concept initial en faisaient un titre à suivre avec attention. Hélas, à force de dispersion et de sous-exploitation de ses propres idées, il déçoit sur la longueur. Un shōnen qui aurait pu briller, mais qui s’égare en chemin, laissant un goût d’inachevé.

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